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UN MOIS
AVEC NOS AMIES 

LES ÂMES DU PURGATOIRE

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Abbé Berlioux 

Un Mois avec nos amies :

Les âmes du Purgatoire 

Les connaître, les prier, les délivrer 

Édition par Gersende et Purgatoire.net,

Correctif par Stella A. 

11ème jour – SAINTETÉ DES ÂMES DU PURGATOIRE

 

1. Elles aiment Dieu 
« Toute âme, disait Ste Catherine de Gênes, dès qu’elle est en purgatoire, se trouve élevée à un état de perfection et d’union divine qui pourrait servir de modèle aux plus grands saints d’ici – bas. » Il y a là, en effet, une multitude d’âmes prédestinées qui ont triomphé de leurs passions, qui ont vaincu le monde et le démon, qui ont pratiqué les vertus les plus héroïques et sont sorties de ce lieu d’exil chargées de mérites. Elles brilleraient comme des étoiles aux firmaments, si la robe de leur innocence n’avait été ternie par quelques grains de la poussière de la terre. Oui, ce sont des âmes belles, saintes, mortes à toutes imperfections. La moins précieuse vaut mieux que tout l’univers physique. Elles aiment leur Dieu, souverainement, totalement. Cet amour leur fait aimer leurs souffrances et la justice qui les retient dans le lieu de l’expiation. Leur ouvrirait – on les portes du Ciel, qu’elles préféreraient rester dans les flammes purificatrices plutôt que de rentrer dans la gloire avec de légères imperfections. Elles ne peuvent assez remercier leur Bien – Aimé de leur avoir préparé un lieu d’expiation pour leur permettre d’acquérir cet éclat de beauté qui convient à ses épouses. Et mieux que Job, au milieu de leurs douleurs, elles redisent sans cesse : « Que le Saint Nom de Dieu soit béni ! »

Soyez donc compatissant pour ces saintes âmes, puisqu’elles ont, plus que jamais, besoin de notre assistance. Un jour, les rôles changeront, elles deviendront nos protections dans le Ciel, nos médiatrices auprès de Dieu, et alors, elles nous rendront avec bonheur, ce que nous aurons fait pour elles, au jour de leur affliction.

 

2. Elles sont aimées de Dieu 
« Si Dieu, dit un auteur, nous aime, nous, pauvres pécheurs, si imparfaits, si dépourvus de vertus et de mérites, combien plus il aime ces saintes âmes du purgatoire, elles qui sont à lui pour toujours, et en qui Il voit resplendir la beauté de ses élus. » Elles lui sont infiniment plus chères. Ce sont Ses épouses, Ses enfants chéris, les héritières de Sa gloire, appelées à le bénir éternellement dans le Ciel. Toutes sont des pierres vivantes destinées à l’édifice de la divine Jérusalem, et que le ciseau du divin sculpteur achève de tailler et de polir, avant de les faire entrer dans la place qu’Il leur a destinée de toute éternité. Il les aime tendrement, Il les contemple avec amour, Il désire vivement s’unir à elles. Son Cœur Paternel souffre de leur triste exil, mais Sa justice qui a ses droits aussi bien que Sa bonté, les retient dans la prison jusqu’à ce qu’elles aient payé toutes leurs dettes. Aussi, quelle joie pour ce Père bon et tendre, si un ami, un médiateur, s’interposant entre le châtiment et la faute, vient désarmer sa rigueur et la réconcilier avec l’enfant de son amour !  Que de raisons d’aimer ces âmes bénies, et d’exercer largement la miséricorde envers elles ! Elles sont si dignes de notre affection ! Quand nous faisons l’aumône à un pauvre, nous ne savons pas s’il le mérite, s’il n’en sera pas plus coupable, plus ingrat. Mais ici,  nous travaillons à coup sûr. La terre où nous semons est invariablement fidèle : pour chaque grain qu’on y jette, le Ciel récolte un fruit, et nous une bénédiction.

 

3. Exemple 
Ste Gertrude, dans un ravissement, vit l’âme d’une religieuse qui avait passé sa vie dans l’exercice des plus grandes vertus. Elle se tenait en présence de Notre – Seigneur, revêtue des insignes de la charité, mais n’osant porter ses regards sur la face adorable du Sauveur. Elle demeurait les yeux baissés, dans l’attitude d’un criminel, témoignant par ses gestes, l’envie de s’éloigner du divin Maître. Gertrude, étonnée d’une conduite aussi étrange voulut en connaître la raison : « Dieu de bonté, dit –elle, pourquoi ne recevez – vous pas cette âme auprès de vous ? » A ces mots, Notre – Seigneur étendit les bras avec amour, comme pour attirer cette âme vers Lui ; mais celle – ci s’en alla dans une respectueuse humilité. La Sainte, de plus en plus surprise, demanda à l’âme de la religieuse pourquoi elle fuyait ainsi les embrassements d’un aussi tendre époux : « Parce – que je ne suis pas encore purifiée des souillures que mes fautes m’ont laissées et si Dieu m’accordait dans l’état où je suis, la libre entrée du Ciel, je n’y consentirais pas, quelque brillante que je paraisse à ses yeux, je sais que je ne suis point encore une épouse digne de mon Sauveur. »

Ainsi ces saintes âmes endurent leurs souffrances de très bon cœur, dans une résignation parfaite. Elles sont tellement transformées en Dieu, qu’elles ne voudraient pas, quand elles le pourraient, se soustraire à la moindre partie de leurs tourments. Elles les acceptent avec une joie qui grandit toujours à mesure qu’elles se rapprochent du terme de leur expiation. Qu’elles sont dignes de notre amour, de nos sympathies, de toute notre charité !

 

Prions – Ô Dieu, qui pardonnez aux pécheurs et qui voulez le salut de tous les hommes, jetez un regard de bonté sur les âmes du purgatoire. Elles sont vos épouses, vos enfants de prédilection ; elles vous ont aimé tendrement et servi courageusement. Montrez – leur votre divine Face. Ô Jésus, soyez – leur propice ! Seigneur, appelez vos enfants et nos sœurs au séjour éternel, et que la lumière qui ne s’éteint pas, luise sur eux ! Qu’ils reposent en paix ! 
      
 

12ème jour – ETAT DES ÂMES DU PURGATOIRE VIS-À-VIS DE NOUS

 

1. Elles nous sont unies par les liens de la charité 
Souvenez – vous que nous somme unies à ces saintes âmes par les anneaux d’une chaîne spirituelle et toute divine. Comme nous, elles ont été créées à l’image de Dieu, rachetées par le sang de Jésus – Christ, régénérées par les eaux du baptême, et nous pouvons dire en vérité que le même sein, celui de l’Eglise, nous a portés : que nous sommes enfants de la même mère. Comme nous aussi, et peut – être à côté de nous, elles ont pris place à la table des Anges et elles ont reçu ce gage sacré de la vie éternelle. Elles ont emporté dans le monde futur les mêmes espérances qui adoucissent maintenant les amertumes de notre pèlerinage. Membres du même corps, héritières du même royaume, elles seront un jour nos compagnes d’éternité. Mais entre elles et nous, il y a cette différence, qu’elles sont malheureuses, captives, prisonnières, martyres, impuissantes à se secourir elles – même, et qu’elles attendent de nous aide et consolation. Nous leur devons assistance. Ne sont – ce pas les droits incontestables à notre compassion et à notre amour ? Si les enfants d’une même famille s’aiment tendrement entre eux, si les peines de l’un deviennent les peines de tous, ne doit – il pas en être de même des enfants de l’Eglise ? Où serait notre charité, si nous n’aimions pas ces pauvres âmes, abîmées dans la douleur ? Serait – il possible qu’étant homme, et surtout chrétien, nous fussions insensibles à leurs maux ? Aimons – les comme nous – même, aimons – les comme Jésus – Christ nous a aimés. Alors nous les soulagerons,  nous les délivrerons.

« Mes petits enfants, écrivait l’apôtre St Jean, peu de temps avant de mourir, n’aimons pas seulement en paroles, mais véritablement en le prouvant par des actes. »

 

2. Elles nous sont unies par les liens de la fraternité 
Parmi ces voix qui appellent, ne retrouvez – vous pas la voix d’un frère, d’une sœur, d’un enfant chéri, d’un époux, d’une épouse bien – aimée, que l’amour avait unis et que la mort a séparés, la voix d’un père, d’une mère dont le sang coule dans nos veines ? Ce cri du sans, cette voix de la famille, que vous dit – elle ? 
« Viens, viens à mon secours : il y a si longtemps que je t’appelle, je n’ai que toi et tu ne viens pas. Viens donc avec ton cœur, avec ta prière, avec tes bonnes œuvres, avec ton dévouement ; viens m’arracher à ces brûlants abîmes, viens me donner le Ciel, Dieu, l’Eternité, viens ! » 
Comment résister à ce cri de détresse ? Savons – nous si nous n’avons pas contribué à augmenter le purgatoire de ceux qui nous ont tant aimés ?

 

3. Exemple 
En 1864, un artiste juif, converti pendant un sermon sur l’Eucharistie, avait quitté le monde après avoir reçu le baptême et s’était retiré dans un ordre religieux très austère ; il passait chaque jour plusieurs heures à adorer le Saint – Sacrement, et dans ses effusions de ferveur, il demandait à Jésus – Christ surtout la conversion de sa mère qu’il entourait de la plus filiale tendresse. Il ne l’obtint point cependant, sa mère mourut. Pénétré d’une amère douleur, ce bon fils va se prosterner devant le Tabernacle, et donnant libre cours à ses plaintes : « Seigneur, disait – il, je vous dois tout il est vrai, mais que vous ai – je refusé ? Ma jeunesse, mes espérances dans le monde, le bien – être, les joies de la famille, un repos peut – être légitime, j’ai tout sacrifié dès que vous m’avez appelé. Mon sang, je l’eusse donné de même. Et Vous, Seigneur, Vous l’Eternelle Bonté, qui avez promis de rendre au centuple, vous m’avez refusé l’âme de ma mère ! Mon Dieu, je succombe à ce martyre, le murmure va s’exhaler de mes lèvres. » Les sanglots étouffaient ce pauvre cœur. Tout à coup une voix mystérieuse frappe ses oreilles et dit : « Homme de peu de foi, ta mère est sauvée. Sache que la prière a tout pouvoir auprès de Moi, j’ai recueilli toutes celles que tu m’as adressées pour ta mère, et ma Providence lui en a tenu compte, à son heure dernière. Au moment où elle expirait, je me suis présenté à elle, et à ma vue elle s’est écriée : Mon Seigneur et mon Dieu ! Relève donc ton courage : ta mère a évité la damnation et tes supplications ferventes délivreront bientôt son âme de la prison du purgatoire. » 
Le père Hermann apprit bientôt, par une seconde apparition, que sa mère montait au ciel. Prions beaucoup pour nos parents défunts !

 

Prions – Miséricorde, Seigneur, pour les âmes auxquelles vous m’avez uni par des liens si doux, si étroits, et que vous me faisiez un devoir d’aimer. Oui, Miséricorde pour les âmes de mes parents, de mes bienfaiteurs, de mes amis.  Seigneur, laissez vous fléchir par les prières et les larmes que je vous offre par elles. Ô Jésus ! Ô Marie ! Soyez leur propice ! Appelez vos enfants et nos frères dans le lieu du rafraîchissement, de la lumière et de la paix. 

 

 

13ème jour – LES ÂMES DÉLAISSÉES

 

1. Délaissées par leurs amis 
Considérez qu’il y a au purgatoire des âmes entièrement délaissées, auxquelles personne ne s’intéresse, et qui souffrent sans consolations. L’Eglise, il est vrai, n’oublie aucun de ses enfants et les âmes dont nous parlons ont droit comme les autres aux prières que cette tendre Mère adresse tous les jours au Seigneur en faveur des défunts ; mais à part ces prières communes, il ne leur vient de la terre aucun secours particulier. Elles sont abandonnées de leurs amis qui leur avaient promis et juré une affection impérissable. Mais comme cette affection était purement humaine et souvent égoïste, elle s’est éteinte avec le dernier son de la cloche.

Quel surcroît d’affliction ne cause pas à ces pauvres prisonnières ce délaissement si inattendu ! Ecoutez ces justes reproches qu’elles adressent à ceux qui ont si tôt oublié les devoirs de l’amitié : « Ayez donc pitié de nous, vous du moins qui êtes nos amis. Nous vous avons donné tant de gages de notre affection et de notre dévouement, à vous qui nous aimiez si tendrement ! Vous aviez promis, à notre heure dernière, en nous disant adieu, que vous ne nous oublieriez jamais ! Et vous ne pensez plus à nous : pas une prière, pas une aumône, pas une larme, pas un soupir. Parce – que nous sommes loin des yeux, vous nous avez bannies de votre cœur. » O inconstance des affections humaines qui s’en vont, comme dit Bossuet, avec les années et les intérêts !

Ces reproches ne s’adressent – ils pas à vous ? Pensez –vous quelque fois aux amis de votre enfance, de votre jeunesse, que la mort vous a ravis ? « Ces chers morts, nous les oublions beaucoup trop, disait St François de Sales, et pourtant ils nous ont tant aimés pendant leur vie ! » Craignons d’être délaissé à notre tour, car il est écrit que celui qui oublie sera oublié.

 

2. Délaissées par leurs parents 
Délaissées de leurs amis, ces pauvres âmes dont nous parlons le sont aussi de leurs parents, soit qu’ils n’existent plus en ce monde, soit qu’ils aient abjuré tout sentiment de charité et de reconnaissance. Oui, leur père, mère, frères, sœurs, ou héritiers les ont abandonnées. Où qu’elles portent leurs regards, elles ne rencontrent que l’oubli, le délaissement. L’oubli sur toute vie qu’aucune parole ne rappelle plus ; l’oubli sur leur nom que personne ne prononce ; l’oubli sur leur tombeau qui ne reçoit ni visite ni prière ; l’oubli sur leurs souffrances d’outre – tombe que personne ne cherche à soulager ; l’oubli partout et toujours. Pauvres âmes ! Qui sait combien dureront leurs douleurs, leur séjour dans ce terrible purgatoire où elles ne reçoivent aucun secours ? Comme ce cruel isolement doit ajouter à leurs souffrances ! Elles ont le droit de s’écrier avec le Prophète : « Mes proches se sont éloignés de moi et ma famille m’a jetée dans l’oubli ; mon père et ma mère m’ont abandonnée, je suis devenue pour eux tous comme un vase brisé qu’on laisse de côté et auquel personne ne pense plus. »

Comme Jésus, abandonné de tout le monde au jardin de Gethsémani, elles peuvent dire : « J’ai cherché un consolateur et je n’en ai point trouvé ! »

Priez souvent, allez à la Messe en semaine pour les morts les plus délaissés. Devenez leur père, leur mère, leur frère, leur sœur, leur ami. Est – il une œuvre plus digne de votre zèle, et de votre charité ? Un jour, ils prieront pour vous, si, ce qui est probable, vos parents et vos héritiers vous oublient et vous délaissent.

 

3. Exemple 
Dans une paroisse de campagne, un crime affreux était venu consterner les cœurs. Un jeune homme, endurci par ces passions qui rendent le cœur féroce avait eu la cruauté de conspirer avec un infâme, l’assassinat de sa propre mère. Ces deux bourreaux l’avaient jeté dans une mare d’eau boueuse. La pauvre mère se débattait dans les flots et tendaient les bras vers ses assassins. L’étranger, de sa main barbare, repoussait la malheureuse femme, qui essayait de se ratt acher à la rive. Mais le fils, tout scélérat qu’il était, quand il vit sa mère tendre vers lui ces bras qui l’avaient porté, fut vaincu par la nature et sa férocité tomba. Il lui tendit la main pour la retirer de l’abîme, mais son complice la repoussa et la plongea dans la mort.

Le purgatoire est comme un lac invisible où des amis, des proches, des parents nous tendent les bras pour que nous les secourions. Peut – être avons-nous participé à les plonger dans cet effroyable supplice. Et pendant que nous poursuivons follement nos plaisirs, ils souffrent et nous appellent. Ne les délivrerons – nous pas ? Saintes âmes ! Nous serons votre famille, vos amis, vos sauveurs. Et un jour, vous viendrez aussi à notre aide.

 

Prions – Ô Jésus ! Abandonné de tout le monde et même de vos apôtres, dans le jardin de Gethsémani, ayez pitié de toutes les saintes âmes du purgatoire, en particulier de celles qui ne reçoivent ni prières ni consolations de la part des vivants . Soyez leur consolateur, leur libérateur. Ô Jésus, appelez enfin ces enfants délaissés au sein de leur famille du Ciel. Qu’ils reposent en paix. 
      
 

14ème jour – SOULAGEMENT DES ÂMES DU PURGATOIRE

 

1. Nous pouvons les soulager 
« Nous croyons, définit le Concile de Trente, que les âmes détenues en purgatoire sont soulagées par les suffrages des fidèles. » C’est ainsi que dans sa magnifique et divine unité, l’Eglise comprend les chrétiens de tous les temps et de tous les états. La charité qui les unit et rend commun leurs biens spirituels, ne s’étend pas seulement aux vivants, elle passe au – delà du tombeau avec ceux qui sont morts dans la paix du Seigneur. « La charité, disait St Paul, n’est pas comme la foi et l’espérance, qui s’éteignent pour nous, à notre dernier soupir, elle survit à la mort et ne périt jamais. » Ainsi les justes, après leur trépas, ne sont pas séparés de l’Eglise, ni retranchés de la communion des saints, ils sont toujours nos frères, nos amis, notre prochain. Comme les anges et les élus du Ciel, nous pouvons aussi délivrer ces âmes de leur prison. Bien plus, les anges et les saints ne le peuvent que par leurs prières, et nous le pouvons, nous, par toutes sortes d’actes d’amour, de bonnes intentions, de prières et de charité. « Dieu nous a donné une telle puissance sur le sort de ces âmes, dit le père Faber, qu’il semble plus dépendre de la terre que du Ciel. Telle est la consolante doctrine de l’Eglise ! Telle est la touchante économie de la Communion des Saints. »

Quelle joie pour vous qui pleurez un père, une mère, un époux, un enfant ! Consolez vous, vous pouvez encore leur donner des preuves de votre amour, de votre dévouement ; vous pouvez être leur ange libérateur. Hâtez vous donc, venez briser leurs chaînes, venez solder leurs dettes, afin que ces chères âmes puissent s’envoler dans le sein de l’Eglise Triomphante.

 

2. Nous pouvons les soulager 
Non seulement nous pouvons, mais encore nous devons venir au secours de ces âmes malheureuses. Nous le devons à Dieu. Père bon et tendre, il les aime comme ses épouses et désire vivement leur ouvrir la porte du Ciel, mais sa justice s’y oppose. Alors, Il se tourne vers nous et nous supplie de les aider ; Il nous en fournit les moyens et regarde comme fait à Lui – même ce que nous ferons pour la plus coupable et la plus souffrante d’entre elles.

Nous le devons à ces pauvres exilées. Quelques unes, ou un grand nombre peut – être, souffrent en purgatoire par notre faute, par suite de notre négligence, de nos mauvais conseils, de nos scandales. Et nous ne ferions rien pour les soulager ! Et nous oserions dire : je suis innocent des larmes de sang répandues par ce juste !

Enfin nous le devons à nous – même. N’oublions pas que nous aurons besoin un jour, peut-être bientôt, qu’on exerce envers nous, la charité que nous pouvons maintenant exercer envers les autres. 
« Tout ce que la piété nous inspire de faire pour nos défunts, disait St Ambroise, se change en œuvres méritoires pour nous et à la fin de notre vie, nous recevrons au centuple ce que nous aurons donné. » Interrogez votre conscience. Avez – vous bien compris et pratiqué jusqu’à ce jour, cet important devoir ? Pensez – vous souvent, pensez – vous chaque jour aux âmes souffrantes du purgatoire ? Ayez donc à l’avenir cette charité que Dieu commande et bénit ; cette charité qui ouvre le Ciel à celui qui l’exerce et à celui qui en est l’objet ; cette charité qui est le ‘passeport’ du chrétien pour l’autre monde.

 

3. Exemple 
Catherine de Cortone était issue d’une famille ducale. Petite enfant, sa piété et sa ferveur étaient celles d’un ange. Elle n’avait pas encore atteint sa huitième année lorsqu’elle perdit son père. Un jour, il lui apparut tout enveloppé des flammes du purgatoire. « Ma fille, lui dit – il, je serai dans le feu jusqu’à ce que tu aies fait pénitence pour moi. » Le cœur empli de compassion, Catherine s’éleva avec un courage viril au-dessus de la faiblesse de son âge. Elle préluda dès ce jour à ces austérités étonnantes qui ont fait d’elle un prodige de pénitence. Ses larmes, ses prières, ses mortifications eurent bientôt désarmé la Justice Divine et acquitté la dette paternelle. Son père, rayonnant de l’éclat des bienheureux, lui apparut de nouveau et lui adressa ces paroles : « Dieu a accepté tes actes d’amour, tes prières, ma fille ; je vais jouir de la Gloire. Continue toute ta vie de t’immoler en victime pour le salut des âmes souffrantes, c’est la Volonté Divine. » L’héroïque vierge fut fidèle à sa mission sublime. Toute sa vie, elle pria et pratiqua des austérités effrayantes pour le soulagement des morts. Ses pieuses compagnes voulurent l’engager à diminuer un peu ses pénitences. Elle répondit par ses remarquables paroles qui trahissent tout le secret de sa vie : « Quand on a vu comme moi ce que sont le purgatoire et l’enfer, on n’en fera jamais trop pour tirer les âmes de l’un et les préserver de l’autre. Je ne dois donc pas m’épargner, parce – que je me suis offerte en sacrifice pour elles. »

Et nous aussi, nous avons la mission et le devoir de secourir les âmes que Jésus a rachetées ; ne l’oublions jamais.

 

Prions – Soyez béni, Ô mon Dieu, d’avoir bien voulu me confier le soulagement de ces âmes que vous aimez et qui ont tant de titres à ma compassion. Qu’il m’est doux de pouvoir essuyer leurs larmes et leur ouvrir le Ciel ! Rappelez-moi souvent ce grand devoir de la charité et aidez-moi à l’accomplir. Ô Jésus, soyez propice à nos chers défunts. Appelez vos enfants et nos frères au Bonheur Eternel, et que la lumière qui ne s’éteint plus luise sur eux ! Qu’ils reposent en paix. 

 

15ème jour – L’OUBLI DES MORTS

 

1. Il dénote une grande insensibilité 
Un pauvre appelé Lazare, couvert d’ulcères et de haillons, gisait à la porte d’un homme riche et opulent ; il demandait peu : les miettes seulement qui tombaient de la table du riche. Mais celui – ci les refusait impitoyablement. Quelle insensibilité, quelle dureté ! Faut –il s’étonner si ce mauvais riche, après sa mort, descendit en enfer, pendant que Lazare montait dans le sein d’Abraham ?

Le souvenir de nos parents défunts est sans cesse présent à notre esprit et à nos cœurs. La maison que nous habitons, le nom que nous portons, les biens dont nous jouissons, tout nous rappelle leur image. Pourtant ils ne crient pas, leur tombe est muette, mais l’Eglise, leur mère commune, ne nous dit –elle pas sans cesse : « Ayez pitié de vos morts. Laissez tomber de votre table quelques miettes pour apaiser leur faim, quelques gouttes pour étancher leur soif. Méchant serviteur, ne dois –tu pas prendre pitié de ton frère ? »

Quoi donc, il a vécu, il a travaillé pour vous dans sa vie, et maintenant qu’il vous demande quelques miettes de l’héritage qu’il vous a laissé, vous les lui refusez ?... Si comme le mauvais riche, nous sommes insensibles aux cris de détresse de nos frères, Dieu sera insensible aux nôtres. Comment pourrait – il nous accueillir en son sein ?

 

2. Il révèle une noire ingratitude 
Un officier de Pharaon ayant encouru la disgrâce du roi fut jeté en prison avec Joseph. Homme doux et compatissant, Joseph se lia d’amitié avec son compagnon d’infortune, adoucit son chagrin, interpréta ses songes et lui donna l’assurance d’un prompt rétablissement. Pour toute récompense de ses services, il lui demanda seulement de se souvenir de lui auprès du roi. Hélas ! Cet ingrat, enivré des douceurs de ses nouvelles prospérités, oublia entièrement son bienfaiteur, et l’infortuné Joseph languit encore deux années dans les fers.

Ce cruel oubli n’est – il pas révoltant ? Et comment pouvez – vous oublier vous – même tant de parents, tant de bienfaiteurs dont vous avez reçu la vie, dont vous possédez les biens, à qui vous devez votre fortune, votre réussite ? Naguère, quand ils vous disaient adieu, et vous priaient de ne pas les oublier, vous répondiez en pleurant. Mais le temps a séché vos larmes et vous les avez bientôt oubliés. Vous n’avez plus pour eux ni regret, ni tendresse ni reconnaissance. Vous vous repaissez, comme l’officier de Pharaon, du bien – être qu’ils vous ont acquis, à la sueur de leur front, et vous lez laissez gémir comme Joseph, dans la prison du purgatoire. Où sont donc votre foi, votre conscience, votre cœur, votre mémoire ?  «  Seigneur, Seigneur, réparez cet étrange oubli, et donnez à nos frères souffrants et abandonnés le repos et la gloire éternelle. »

 

3. Exemple 
Chaganus, ayant mis en fuite l’armée de Maurice, exigea de l’empereur une somme d’argent considérable pour le rachat des nombreux prisonniers qu’il avait faits. Maurice refusa. Le vainqueur demanda alors une somme moins forte qui ne lui fut pas accordée. Après avoir réduit à bien peu de choses la rançon qu’il désirait sans pouvoir l’obtenir, le barbare irrité fit couper la tête à tous les soldats impériaux qu’il avait eus en son pouvoir. Peu de jours après, Maurice eut une épouvantable vision. Il vit une multitude d’esclaves qui portaient des chaînes pesantes. Ces infortunés, avec des accents horribles, criaient vengeance contre lui. Le Juge Souverain, irrité, lui disait : « Aimes – tu mieux être puni en monde ou en l’autre ? » « Ah Seigneur ! Je préfère être châtié en ce monde. » répondit l’empereur consterné. « Et bien, en punition de ta cruauté envers ces pauvres soldats, dont tu n’as pas voulu sauver la vie, lorsque tu le pouvais à si peu de frais, l’un d’eux t’enlèvera ta couronne, ta réputation et ta vie, et toute ta famille te suivra dans ta chute ! » En effet, peu de jours après, l’armée s’insurgea et proclama Phocas empereur. Maurice, fugitif, s’enfuit sur un petit navire ; mais ce fut en vain. Les partisans de Phocas se saisirent de lui, et le chargèrent de chaînes. Ce malheureux père eut la douleur de voir massacrer ses cinq fils et il mourut lui – même ignominieusement.

Ame chrétienne, qui lisez ces lignes, pensez – y : ce ne sont pas de pauvres soldats, ce sont vos propres frères, vos chers parents qui gémissent, devenus prisonniers aimants de la Justice Divine. Dieu miséricordieux vous demande pour leur rachat une prière, une communion, une aumône. Serez – vous assez dur ou assez insensible pour les refuser ?

 

Prions – Comment pourrais–je oublier, Seigneur, ces âmes auxquelles la mienne était liée par les liens de l’affection et de la parenté ? Comment pourrais – je abandonner dans leurs cruelles souffrances ces êtres chéris, qui m’ont donné pendant leur vie des preuves si nombreuses d’une affection toute tendre et dévouée ? Tous les jours de ma vie et jusqu’à mon dernier soupir, je prierai pour eux. Ô Jésus, soyez leur propice. Appelez vos enfants et nos frères dans la Cité Sainte. Qu’ils reposent dans la paix éternelle ! 

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